1. Situation : fondation sans prestations
La fondation «Bürokratiestopp», dont le siège est à Zurich, a pour but de réduire la bureaucratie en Suisse. Elle poursuit cet objectif par le biais d’annonces dans les quotidiens, de la gestion d’un site web, de la distribution de tracts ainsi que de la collecte de signatures pour des initiatives populaires correspondant à son but. L’un de ses objectifs politiques est notamment de réduire de moitié le budget de l’AFC, division principale TVA.
La fondation est financée d'une part par le capital de fondation affecté par le fondateur, M. Haran Tschan (domicilié dans le canton de Zurich), et d'autre part par des dons de particuliers et d'entreprises concernées par des contrôles de la TVA.
La fondation estime que, conformément à l'art. 18, al. 2, let. d et e, de la loi sur la TVA, aucune correction de la déduction de l'impôt préalable n'est prévue ni pour les dons ni pour la dotation du capital de la fondation et qu'il convient donc de lui accorder la déduction intégrale de l'impôt préalable.
Question
- Comment évaluez-vous cette situation du point de vue de la TVA ?
2. Faits : fondation avec une contrepartie symbolique
La fondation «Bürokratiestopp» conteste l’appréciation précédente. Afin de justifier une activité commerciale donnant droit à la déduction de l’impôt préalable, elle vend avant Noël, devant la gare centrale de Zurich, 100 «Schoggitaler» au prix unitaire de 1 franc.
Question
- Comment évaluez-vous cette situation du point de vue de la TVA ?
3. Faits : fondation avec des recettes accessoires provenant de prestations
La fondation X, dont le siège est à Lucerne, s’engage pour le financement de projets en faveur des personnes handicapées. Elle exploite sur son site web une boutique en ligne où l’on peut acheter des t-shirts, des tasses et d’autres articles dérivés en Suisse.
À son siège à Lucerne, elle loue en outre des places de parking à des tiers.
Le financement de la fondation X se présente comme suit (chiffres en CHF hors TVA) :

Question
- Comment évaluez-vous la situation de la fondation X en matière de TVA ? (Hypothèse : toutes les dépenses sont intégralement soumises à la TVA, dans la mesure du possible, et les autres dépenses ne peuvent être directement affectées à un domaine particulier) ?
4. Situation : association poursuivant des objectifs divers
Selon l'inscription au registre du commerce, l'association «Heavenly Music», dont le siège est à Zurich, a pour but de soutenir et de promouvoir des causes ecclésiastiques et d'utilité publique en Suisse et à l'étranger, et poursuit ainsi un objectif idéal. La mise en scène de comédies musicales chrétiennes en Suisse est un élément essentiel de l'objet de l'association. Celles-ci sont financées à 70 % par des dons (provenant de particuliers, d'Églises ou d'organisations de type ecclésiastique et de quêtes organisées dans le cadre de l'événement). L'entrée aux comédies musicales est gratuite. Toutefois, l'association perçoit également des revenus provenant de la vente de denrées alimentaires lors des comédies musicales, ainsi que de la vente de livres, de t-shirts, de prestations publicitaires (optées) en faveur d'entreprises et de prestations d'hébergement. C'est pourquoi l'association s'est également enregistrée en tant qu'assujetti à la TVA.01
Question
- Comment évaluez-vous le droit à déduction de la TVA de l'association ?
5. Faits : association proposant des prestations de publicité
Selon l'inscription au registre du commerce et ses statuts, l'association de protection des animaux de l'Oberland bernois, dont le siège est à Thoune, a pour but d'exploiter, à différents endroits de l'Oberland bernois, des refuges pour les animaux de compagnie abandonnés ainsi que pour les animaux sauvages en détresse. L'association est exonérée des impôts directs conformément à l'art. 56, let. g, LIFD.
L'association se finance exclusivement par des dons de tiers. Il est possible de choisir si l'on souhaite effectuer un don avec TVA et, dans ce cas, d'enregistrer un lien qui sera publié sur la page web de l'association avec mention du donateur, ou si l'on souhaite faire un don sans TVA supplémentaire, auquel cas le nom du donateur sera apposé à l'extérieur des grandes étables des refuges.
Question
- Comment évaluez-vous le droit à la déduction de la TVA de l'association ?
6. Faits : activité entrepreneuriale comme objectif principal
La société High Value GmbH, dont le siège est à Genève, exerce son activité dans le domaine de la gestion de fortune imposable et du conseil en investissement auprès de particuliers très fortunés. Elle réalise chaque année des revenus de plusieurs dizaines de millions de francs grâce à cette activité et est donc enregistrée comme assujettie à la TVA. Elle ne fournit que des prestations imposables et bénéficie donc en principe de la déduction intégrale de l’impôt préalable.
Dans le hall d'accueil accessible au public de son siège social se trouve une collection de tableaux d'une valeur de 5 millions de francs suisses, qui a été constamment enrichie et complétée au fil du temps et dont l'entretien est assuré par une conservatrice sous contrat.
Question
- Comment évaluer la situation de la déduction de l'impôt préalable chez High Value GmbH ?
01 Le cas s'inspire de l'arrêt du TF du 05.10.2023, 9C_651/2022.
1. Faits : Prestations de validation ou de vérification – Attribution des prestations
La société Hephaistos AG est inscrite au registre de la TVA auprès de l’AFC depuis avril 2018. Elle a notamment pour objet le développement de nouvelles technologies et applications, en particulier dans les domaines des architectures logicielles ouvertes et décentralisées. Elle exploite des logiciels et des nœuds de réseau (nodes), produit et valide des blocs sur des blockchains et valide des transactions. Concrètement, Hephaistos AG, en tant que « validateur », effectue des activités de validation/vérification sur les réseaux de chaînes de blocs « Polkadot » et « Kusama ». Pour ses activités, Hephaistos AG perçoit des récompenses de bloc (99,9 %) et des frais de transaction (0,01 %).
Question
- Quelles sont les conséquences en matière de TVA de la perception des récompenses de bloc et des frais de transaction ?
2. Situation : jetons cryptographiques – impôt sur les acquisitions
En 2018, Kronos AG a réalisé une ICO (Initial Coin Offering). En contrepartie des fonds levés (2 millions de CHF hors TVA), elle a promis des jetons aux investisseurs. Ceux-ci sont destinés à permettre l’utilisation de toutes les fonctionnalités de la plateforme Kronos.
La plateforme rassemble différentes catégories d’acteurs. L’idée de base est de permettre aux stars de la musique classique d’interagir avec leurs fans sur la plateforme. Les stars sont récompensées par des jetons à cet effet ; pour interagir, les fans doivent acquérir des jetons, mais peuvent également être récompensés par des jetons pour leur comportement sur la plateforme (par exemple, lorsqu’ils produisent du contenu). Par ailleurs, la plateforme est notamment ouverte aux annonceurs (par exemple, les magasins de musique) : pour promouvoir leurs produits sur la plateforme, ils doivent acquérir des jetons. L'opérateur de la plateforme, Kronos AG, qui émet les jetons, peut intervenir sur la plateforme soit pour retenir ou retirer une partie des jetons mis en circulation, échangés ou détenus par d'autres utilisateurs, soit pour attribuer des jetons à d'autres utilisateurs de la plateforme. En principe, l'échange des jetons s'effectue toutefois de manière automatisée, sur la base de contrats intelligents.
Le 3 mai 2018, Kronos AG a signé un contrat de service avec sa société sœur française Rhea SA. Pour ses prestations, Rhea SA a facturé à Kronos AG un montant total de 1 million de francs suisses en 2018.
Au 1er janvier 2019, Kronos AG s'inscrit au registre des assujettis à la TVA auprès de l'AFC. Elle fait ensuite l'objet d'un contrôle de la part de l'AFC.
Question
- Comment évaluez-vous cette situation du point de vue de la TVA ?
Question complémentaire
- Même situation que dans les points 2.3 et 2.4. Rhea SA ne facture les prestations qu’elle a fournies à Kronos AG en 2018 que le 2 janvier 2019. L’appréciation au regard de la TVA change-t-elle ?
Les cas suivants doivent être évalués en fonction de la situation juridique avant et après le 1er janvier 2025.
1. Faits : imposition des plateformes
Sur la plateforme en ligne «Konfuzius-Express», des fournisseurs chinois vendent, en leur propre nom et pour leur propre compte, des marchandises d’une valeur maximale de 50 CHF. Les marchandises vendues sont expédiées individuellement par les fournisseurs chinois directement par la poste aux acheteurs suisses.
Question
- Comment ces marchandises doivent-elles être soumises à la taxe sur la valeur ajoutée suisse ?
2. Faits : taux de TVA forfaitaires
Madame Soldau exerce une activité d’entrepreneuse individuelle dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration en Suisse et est enregistrée à la TVA depuis 5 ans. Elle réalise un chiffre d’affaires annuel de 1,8 million de CHF, réparti à parts égales entre les prestations d’hébergement à l’hôtel, les prestations de restauration au restaurant et le conseil à d’autres établissements de restauration.
Jusqu’à présent, Mme Soldau a déclaré la TVA selon la méthode effective, mais elle décide désormais de passer à la déclaration selon les taux de TVA forfaitaires.
Question
- Quelles en sont les conséquences fiscales ?
3. Cas pratique : agence de voyages
La société Reisegut AG, dont le siège est à Düsseldorf, vend à ses clients en Allemagne, en son propre nom, des nuitées d'hôtel et des voyages en car en Suisse. Au niveau mondial, Reisegut AG réalise un chiffre d'affaires annuel de 15 millions d'euros.
Question complémentaire
- Y aura-t-il également des changements pour les agences de voyages ayant leur siège en Allemagne à compter du 1er janvier 2025 ?