1. Faits
Walter et Liliane Meier vivent depuis 1987 dans leur maison individuelle à Winterthur/ZH. Depuis de nombreuses années, ils confiaient la préparation de leur déclaration d'impôt à leur fiduciaire local. Ce dernier ayant fortement réduit son activité pour des raisons d'âge, ils ont fait appel à un nouveau conseiller fiscal. Sur la base de son entretien avec ses nouveaux clients et des dossiers, celui-ci constate notamment ce qui suit :
Après l'acquisition de leur maison, Liliane et Walter Meier ont acheté quelques œuvres d'artistes contemporains pour décorer leur intérieur. Parmi celles-ci figuraient notamment une lithographie de Roy Lichtenstein et une autre de Robert Rauschenberg, une sérigraphie de Keith Haring, une petite aquarelle de Gerhard Richter, une œuvre de Hans-Jörg Glattfelder (acrylique sur toile) ainsi qu'une petite sculpture de Sol LeWitt. Ils ont en outre complété leur aménagement avec divers objets d'art décoratif sans potentiel de plus-value. Selon les informations fournies par M. Meier, les prix d'achat de ces objets d'art se situaient à l'époque entre 7 000 et 30 000 francs au maximum. Les reçus d'achat ne sont plus que partiellement disponibles et aucun inventaire n'a jamais été dressé.
Dans les déclarations fiscales précédentes, les objets d'art n'ont pas été déclarés, car, selon les informations fournies à l'époque par l'ancien fiduciaire, ils n'étaient pas soumis à l'impôt sur la fortune en tant que mobilier. Les Meier n'ont pas souscrit d'assurance d'art distincte, mais ont assuré les œuvres dans le cadre de l'assurance ménage normale.
Variante A
Il y a huit ans, Liliane Meier a récupéré dans la succession de sa mère un tableau attribué à l'artiste chinois Li Fengmian, décédé en 1991. Sa mère l'avait acquis à Hong Kong dans les années 1960 pour une somme modique. Lors du partage successoral, aucune estimation n'a été commandée, mais le tableau a été attribué sur la base d'une valeur estimée à 9 000 francs. Depuis lors, le tableau est accroché – tout comme les œuvres mentionnées dans les faits de base – sur un mur de la maison des Meier.
Variante B des faits
Outre l'assurance ménage, il existe une assurance d'œuvres d'art distincte dont les valeurs convenues s'élèvent au total à 400 000 francs. L'objet le plus précieux a été assuré pour 110 000 francs.
Questions
- La pratique actuelle peut-elle être maintenue sans changement pour la déclaration d'impôt 2023 sur la base des informations relatives au cas de base ? Si oui, pour quelles raisons ? Si non, quelle marche à suivre est recommandée ?
- Variante A : cet ajout modifie-t-il l'appréciation des faits de base (avec justification) ?
- Variante B : cet ajout modifie-t-il l'appréciation des faits de base (avec justification) ?
- Conformément à l'art. 53, al. 1, LHID, une évaluation éventuellement insuffisante des éléments de fortune au cours d'exercices définitivement clos exclut en principe une procédure de rappel d'impôt. Cela s'applique-t-il également s'il s'avère que les objets d'art doivent être évalués à une valeur plus élevée que prévu à la date de référence pour l'impôt sur la fortune ?
1. Faits
Peter Huber, ingénieur diplômé, exerce en tant que consultant en gestion pour l'industrie mécanique. Il est spécialisé dans l'analyse des procédés de production chez des entreprises clientes et formule des recommandations visant à améliorer les processus de fabrication. Outre son activité de conseil, il peut (grâce à ses excellentes relations d'affaires) servir d'intermédiaire pour la vente de machines et d'autres équipements techniques à ses clients, en Suisse et à l'étranger, sur la base d'une commission. De par la nature de son activité, il exerce généralement son travail chez ses clients. Il n'emploie aucun personnel et dispose uniquement d'un bureau dans sa propre maison. L'administration et la comptabilité sont assurées par un fiduciaire sous contrat.
Peter Huber a transformé son entreprise individuelle en société anonyme au 1er janvier 2020. L'entreprise a continué à bien marcher et il a ainsi réalisé des bénéfices nets de 867 000 francs (2020) et de 1 072 000 francs (2021). Il percevait un salaire brut de 150 000 francs par an. Récemment, il a reçu de l’administration fiscale cantonale son avis d’imposition personnel pour 2021, accompagné d’une notification standard indiquant la valeur fiscale des actions de Huber Consulting AG, d’un montant imposable de 7 567 000 francs (cf. annexe : évaluation des actions). La valeur fiscale de son ancienne entreprise individuelle étant toujours inférieure à 100 000 francs et aucune modification économique n'ayant eu lieu au sein de l'entreprise, M. Huber est très surpris par cette augmentation considérable de l'impôt sur la fortune et souhaite faire opposition.
Questions
- S'agit-il d'une erreur d'imposition ? Ou comment expliquer autrement que, malgré une activité inchangée, l'impôt sur la fortune ait augmenté de manière aussi massive par rapport à auparavant ?
- Un recours est-il en principe judicieux (le calcul purement arithmétique de l'évaluation ne pouvant être vérifié) ?
- Si le dépôt d'un recours est recommandé, quels seraient les principaux arguments en faveur d'une correction de l'évaluation ?
- Quelles sont les chances de succès d'une demande d'évaluation à la valeur intrinsèque ?
1. Faits
Hanspeter Müller a eu la chance de pouvoir acheter un appartement ancien de 5½ pièces avec une place de garage à Zurich-Hottingen. L'appartement est relativement bien entretenu et nécessite uniquement une nouvelle peinture. Le prix était certes élevé (2 450 000 francs), mais selon l'évaluation de l'agent immobilier, il se situe dans la fourchette des prix actuels du marché dans cette région. M. Müller est heureux d'avoir remporté l'enchère.
Selon l'évaluation immobilière de 2009 fournie par le vendeur, la valeur fiscale de la part de la propriété par étages s'élève à 630 000 francs, ce que M. Müller a déclaré en conséquence dans sa déclaration d'impôt. Il reçoit à présent une décision d'évaluation qui porte la valeur fiscale à 1 710 000 francs. Il en est totalement surpris et soupçonne une erreur de la part du commissaire aux impôts.
Variante A
M. Müller a discuté de l'augmentation de la valeur fiscale avec sa voisine, Mme Huber. Mme Huber habite dans le même immeuble un appartement en propriété de 5½ pièces avec un plan identique (garage compris). Elle ne peut croire que la valeur fiscale ait été augmentée de manière aussi importante dans la taxation de M. Müller, car selon sa propre taxation, la valeur fiscale reste de 630 000 francs. M. Müller se sent désormais encore plus lésé.
Questions
- S'agit-il effectivement d'une erreur d'imposition ?
- Si non, comment expliquer cette évaluation ?
- Variante A : cet ajout modifie-t-il l'appréciation des faits de base (avec justification) ?
1. Faits
Joana Keller, domiciliée à Schaffhouse, est une amatrice de vin et passe ses vacances dans le Piémont depuis de nombreuses années. En 2022, elle acquiert un appartement en copropriété dans la ville d’Asti, dans le Piémont, pour 460 000 euros, soit 450 000 francs suisses.
Dans la déclaration d'impôt de Joana Keller, son conseiller fiscal déclare l'appartement à Asti avec une valeur fiscale de 315 000 francs (ce qui correspond à 70 % du prix d'achat ; par analogie avec l'évaluation des biens immobiliers suisses). Dans la taxation fiscale de 2022, l'appartement a en revanche été évalué à 360 000 francs (soit 80 % du prix d'achat). Mme Keller se fie à l'avis juridique de son conseiller fiscal et fait opposition à l'évaluation de l'appartement d'Asti.
Questions
- Y a-t-il effectivement une erreur d'imposition ?
- Si non, comment expliquer cette évaluation ?
1. Faits
Werner Uhlmann réside à Wiesendangen/ZH dans sa propre maison individuelle. Il y a quelques années, il a pu acheter le terrain voisin non bâti (environ 1 000 m²) situé en zone à bâtir, qui reste loué à un agriculteur voisin. Il y a trois ans, il a également hérité d’un pré situé à la périphérie de Gachnang/TG. Ce terrain d’environ 25 ares est exploité à des fins agricoles par l’ancien locataire. Il a été séparé autrefois d’une exploitation agricole et n’est plus soumis à la loi fédérale sur le droit foncier rural (LDFR).
La maison qu’il occupe lui-même a une valeur fiscale de 950 000 francs et est grevée d’une hypothèque de 450 000 francs ; les deux parcelles à usage agricole ne sont pas grevées. M. Uhlmann a déclaré ces derniers dans sa déclaration d'impôt zurichoise 2021, conformément au § 40 StG ZH et à la directive du Conseil d'État aux autorités fiscales concernant l'évaluation des biens immobiliers et la fixation des valeurs locatives à partir de la période fiscale 2009, du 12 août 2009 (ZStB n° 21.1 ; ci-après « directive de 2009 ») en raison de leur type d’utilisation, avec une valeur de rendement de 1 000 francs et 2 500 francs respectivement (directive de 2009, ch. 1 ss., en particulier ch. 2, dernière phrase).01
Lorsque Werner Uhlmann reçoit l’avis d’imposition zurichois pour la période fiscale 2021, il constate que si l’évaluation de la valeur de rendement a été acceptée pour son terrain voisin, elle ne l’a pas été pour le terrain situé à Gachnang/TG. Selon la décision d'évaluation, c'est la valeur vénale thurgovienne (en tenant compte de la différence de répartition) de 450 000 francs qui a été retenue. M. Uhlmann s'indigne du fait que, contrairement au libellé clair de la directive de 2009, la valeur de rendement n'est pas prise en compte pour l'impôt sur la fortune et critique cette inégalité de traitement, d'autant plus que celle-ci a été acceptée sans discussion pour son terrain voisin dans des conditions identiques.
Questions
- Le refus d'appliquer la valeur de rendement est-il légal ? Quelles sont les chances d'un recours dans le canton de Zurich ?
- L'évaluation de l'impôt sur la fortune est nettement plus élevée que pour un terrain comparable dans le canton de Zurich. Cela constitue-t-il une violation du principe de non-discrimination ?
01 Directive 2009, ch. 2 : Sont considérés comme des biens immobiliers à usage agricole, outre les fermes, notamment les petites exploitations ainsi que les biens immobiliers dotés des bâtiments nécessaires servant à des pépinières, des horticultures florales, des maraîchages ou des élevages de poulets. Les terrains individuels utilisés à des fins agricoles ou forestières sont également évalués selon la valeur de rendement.
1. Faits
Hans Goldgrund est à la retraite depuis 2019. Avant de prendre sa retraite, il exploitait, par l’intermédiaire de sa société anonyme qu’il contrôlait, une taillerie de pierres précieuses et faisait le commerce de diamants et de bijoux. À titre de rémunération, il percevait un salaire annuel moyen de 300 000 francs. De plus, la SA lui versait tous les deux ou trois ans un dividende de 200 000 francs.
En 2019, Hans Goldgrund a vendu les actions de sa société anonyme qu'il contrôlait à un tiers pour un montant de 8 millions de francs. Il a investi l'intégralité du produit de cette vente dans de l'or. En raison de l'évolution très favorable du cours de l'or, celui-ci a aujourd'hui une valeur de 12 millions de francs.
À l'occasion de son départ à la retraite, Hans Goldgrund a en outre perçu l'intégralité de son capital de prévoyance professionnelle sous forme de prestation en capital (environ 2 millions de francs). Il a besoin de cet argent pour subvenir à ses besoins, car il ne dispose que de peu de revenus autres que l'AVS. C'est pourquoi il n'en a investi qu'une petite partie dans des titres. Le reste se trouve sur son compte bancaire.
D'après la déclaration d'impôt qu'il a récemment remplie, Hans Goldgrund dispose des revenus et de la fortune suivants en 2023 :
Revenus :
AVS 29'400 francs
Valeur locative Fr. 18'000
Revenus de titres Fr. 12'000
Revenu imposable (après déductions sociales) : environ 56'800 francs
Fortune :
Avoirs bancaires 2,5 millions de francs
Or 13 millions de francs
Biens immobiliers 1,5 million de francs
Fortune imposable 17 millions de francs
Son impôt cantonal et communal provisoire à Zurich s'élève à 106 000 francs.
Variante A
Monsieur Goldgrund n'a pas vendu sa société anonyme, mais a engagé un directeur. Grâce à sa clientèle nombreuse et fidèle, l'entreprise continue de très bien marcher et la société anonyme est évaluée à 8 millions de francs par le canton de Zurich en 2023. Aucun dividende n'a été versé, bien que cela aurait été possible compte tenu du bénéfice annuel d'environ 300'000 francs.
La situation en matière de revenus et de fortune de M. Goldgrund se présente comme suit :
Revenus :
AVS 29'400 francs
Valeur locative Fr. 18'000
Revenu des titres 12'000 francs
Fortune :
Avoirs bancaires 2,5 millions de francs
Société anonyme 8 millions de francs
Biens immobiliers 1,5 million de francs
Son impôt cantonal et communal provisoire à Zurich s'élève à 75 000 francs.
Variante B
La situation de M. Goldgrund en matière de revenus et de fortune se présente comme suit :
Revenus :
AVS 29'400 francs
Valeur locative Fr. 18'000
Revenu des titres Fr. 12'000
Fortune :
Avoirs bancaires 300 000 CHF
Bien immobilier 1,5 million de francs
Tableau de Monet 20 millions de francs
Monsieur Goldgrund a hérité du tableau de Monet. Dans le cadre du partage successoral, on a retenu une valeur vénale de 20 millions de francs. Le tableau n'est pas assuré, car la police d'assurance serait trop coûteuse pour Monsieur Goldgrund.
Ses impôts cantonaux et communaux à Zurich, calculés à titre provisoire, s'élèvent à 139 000 francs.
Questions
- Le conseiller fiscal de M. Goldgrund fait valoir auprès de l'administration fiscale qu'il s'agit d'une imposition confiscatoire et que l'impôt sur la fortune doit être réduit en conséquence. Partagez-vous cet avis ?
- Quelle serait la situation fiscale si M. Goldgrund ne résidait pas dans le canton de Zurich, mais dans le canton d'Argovie ou de Berne ?
- Votre appréciation dans la variante A changerait-elle ?
- Votre appréciation change-t-elle dans la variante B ?